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MessagePosté: Nov 26, 2006 1:12 
Méphistien
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Dommage que ce topic parte à vau l'eau CT le meilleur!

cf. ce que disait dom's récemment sur :

4 – Nobody’s fault but mine :


Retour à de la bonne grosse cavalerie avec ce morceau très musclé et très retravaillé par rapport au blues initial de Blind Willie Johnson dont il serait issue, c’est seulement bien plus tard que j’ai appris qu’il était de lui (honte). En fait les Zep se le sont carrément réapproprié et l’ont reconstruit à leur manière, ce qui leur a permis de ne pas créditer son auteur, le procédé étant un peu bandit quand même, nous ne sommes plus en 1968 que diable ! Donc ici, on ne sent pas vraiment la filiation mais elle sera beaucoup plus évidente mucicalement sur la version acoustique vraiment blues du futur album « No Quarter » de Page & Plant en 1994. Enfin bon, on ne va pas commencer à jouer les pleureuses d’autant que pour notre bonheur, il y fait très chaud là dedans …

En fait, je trouve que le « Nobody’s fault but mine » de Presence est le portrait craché mais en plus énervé et concentré de son père spirituel « In My Times Of Dying » et ça on le sent depuis l’intro, c’est marrant comme chez certains enfants, dès le premier regard qu’ils nous lancent, on sait illico qui est leur père. Peut-être aussi que ce long blues brûlant avait su par sa force créer en nous une sorte de réflexe de Pavlov. Donc là, comme dans toutes les pièces maîtresses de Led Zeppelin, car même assez froide c’en est une, le morceau s’articule en plusieurs parties, mais plus rapprochées et concentrées car là il dispose d’à peine plus de 6mn pour convaincre…

D’entrée, de belles épaisseurs de guitare nous intriguent avec ces espèces de ronds métalliques superbes, très insistants et répétés, d’une brillance profonde mais glacée comme une amère prémonition, et puis voilà Plant qui vient les envelopper avec cette inquiétante plainte poussée plusieurs fois, ça m’avait fait penser à des chants d’esclaves stylisés, un peu comme certaines sculptures décharnées de Giacometti. Cette intro bizarre deviendra le véritable leitmotiv du morceau et sera injectée un peu partout dans les breaks pour apporter un peu d’oxygène à l’ensemble. On n’a même pas eu le temps d’avoir peur et froid avec cette longue intro toute sous tension que paf ! un énorme rock moderne nous éclate alors en pleine figure, toujours cette fameuse magie de la surprise chez eux, surtout la première fois qu’on l’écoute. Le morceau va ainsi partir dans une course effrénée hyper carrée et bizarrement très propre sur elle dans la puissance de ses impacts portés avec la précision de l’œil d’un aigle…

Oui, ça riffe très sévère et lourd, les Métalliers Réunis sont de sortie, la cohésion est totale, ça breake, ça hachure en effectif rapproché mais, je le répète, dans une sorte de propreté clinique assez effrayante. Ici, Plant est la voix donc la vie, même frêle, il semble l’un des maîtres de cet esquif sans âge, peut-être plus en avant qu’au début de l’album ou moins submergé par la fournaise produite par les trois autres, il est mieux en voix, plus inventif, il gueule, il hurle sa hargne en accrochant sa voix comme il peut à ces roches en fusion, en plus, il nous balancera l’un des passages à l’harmonica les plus brûlants de sa carrière, on n’y pose pas les doigts dessus tellement que ça chauffe. Le morceau va si vite qu’on est déjà presque arrivé à la fin, non content d’avoir riffé comme un fou, Page se fend d’un très beau solo vicelard en diable qui prend feu comme un redémarrage d’incendie que l’on croyait éteint, ça part en langue presque à raz du sol et ça te prend de ces hauteurs tournoyantes fulgurantes avec quelques fois des sonorités boisées métal d’outre tombe furtives (de 5mn11 à 5mn14, j’en suis fou oui je sais…) à tomber à la renverse. Quelques poignées de secondes seront encore nécessaires pour stopper la course de cet étalon magnifique…

Dans la carrière de Led Zeppelin, « Nobody’s fault but mine » est un morceau important. Il a en lui de la classe des plus grands, même s’il est moins ambitieux qu’Achilles, il porte lui aussi sa part du royaume Presence. Il montre une fois de plus ce que le groupe était capable de faire à partir d’un blues tout « simple » et que dans toute sa carrière il à fait bien plus que d’enjoliver simplement des morceaux piochés à droite à gauche. Led Zeppelin savait récompenser ses enfants méritants. C’est probablement sa redoutable efficacité qui les poussèrent à l’inscrire sur les playlists des tournées 1977, 1979 et 1980 où il ne donna pas l’impression d’être un canard boiteux...


Et moi-même, le Pierrou certes un peu ivre, si vous le permettez :

Nobody's Fault But Mine

Après le funk fragmenté de Royal Orleans, voici le blues javellisé, voici Nobody's Fault But Mine. Guitare et fredonnement sont à l'unisson, Page et Plant imitant un bluesman qui imite un orchestre, rien qu'eux deux, comme sur Hats Off to (Roy) Harper ou In My Time of Dying. On dira ce qu'on veut du blues version Zeppelin, qu'il est riche et puissant, qu'il est mécanique, caricatural - moi-même, je suis loin de lui porter un amour inconditionnel - n'empêche que la musique du Diable est pour ces types-là un peu plus qu'un ingrédient parmi d'autres, plongé dans leur marmite juste pour corser la tambouille. Le blues, ce fut, et c'est toujours l'une des obsessions majeures de Jimmy Page et Robert Plant, qui l'ont joué régulièrement, avec Led Zep, en solo ou en duo, et continuent de le faire à chaque fois qu'on leur en donne l'occasion. C'est donc avec un respect intact qu'il se trouve ici (mal)traité par nos chères rock-stars, mais pas question de retourner au grenouillage de bénitier des débuts - il n'y a pas de marche arrière sur un Zeppelin - il sera donc fatalement dégraissé, dépecé, amplifié, nettoyé, jusqu'à obtenir cette complainte abstraite qui renvoie plus, sur la forme, aux odes guerrières du groupe qu'à d'anciens chants du Delta. Le début de Nobody's Fault But Mine pourrait aussi faire penser à un agrandissement de vignette à la Roy Liechtenstein, mais qui aurait été débarrassé de son tramage, de ses aspérités, de son message, pour n'être plus qu'une surface plane uniformément colorée, un cri pour le plaisir de crier. L'irruption subite d'un tandem basse/batterie aussi souple que puissant achève le boulot, et expédie pour de bon la chanson par delà le bon et le mauvais goût. Souple, puissant, précis, Jimmy Page ne l'est pas moins, lorsqu'il se met à tortiller son riff dans tous les sens, pour le contraindre à se couler dans les méandres tracés par ses acolytes de la section rythmique. Plus fort encore, il s'est mis en tête de jouer à lui tout seul et en une seule prise de guitare la multitude de plans qu'il a comme à l'accoutumée imaginés pour ce morceau, ce qui lui donne une spontanéité live relativement inédite dans l'oeuvre du Zeppelin en studio. Mais la force de ce Nobody's Fault But Mine, qui est aussi celle de For Your Life, ou du Candy Store Rock qui suit, c'est d'aller un peu au delà de la simple variation sur les versions live des classiques rock du groupe et de faire entendre, en plus de l'osmose parfaite entre les musiciens et des perpétuels numéros d'équilibre sur le fil du rasoir, un son nouveau, faussement épuré mais authentiquement vicieux et pénétrant, et des idées de composition tordues dans la lignée de Physical Graffiti. Il suffira d'écouter ce rythme rendu méticuleusement épileptique par Bonham et Jones, lorsque ressurgit le motif lancinant du début, ou cette gestion plus rigoureuse que jamais des silences et des coups de grisou pour s'en convaincre. Si le morceau tourne donc bien vite à l'orgie zeppelinienne typique, le parfum du blues ne s'est pas tout à fait évaporé, et il réapparaît là où on ne l'attendait pas forcément, dans le chant très sincère et très beau du grand Robert Plant. A travers les paroles elliptiques de ce blues sans âge, il se livre, nous parle avec une élégance crue de la solitude et des tentations de la vie sur la route, et comme souvent sur Presence, sa voix, débarrassée des tics et des chichis de ses blues d'autrefois, nous accroche instantanément. Il chante magnifiquement le doute et les remords, mais c'est quand même le Diable qui aura le dernier mot, sur le solo d'harmonica qui vient dynamiter la portion médiane du morceau - probablement la meilleure partie d'harmonica jamais jouée par Plant, dont on évoque trop rarement les talents d'instrumentiste. Tant qu'on parle de sauvagerie, le solo de Jimmy est une autre merveille, un cobra qui se lève et bondit sur sa proie, évoquant par moments ces brillantes impros à l'emporte-pièce que le maître livrait souvent en concert. Mais dites-donc, le Zeppelin rocke toujours comme aux premiers jours, et ce Nobody's Fault But Mine déchaîné, même s'il pourrait facilement faire une ou deux minutes de moins, me semble finalement un candidat très sérieux au titre convoité de meilleur classique méconnu de la seconde période du groupe. Non?


Presence est un album superbe, la quintessence du Tight But Loose... Certainement pas mon Zep préféré, je suis trop attaché, pour moult raisons, à Led Zep I, III ou (surtout) Houses of the Holy, celui qui m'a épaté d'emblée, mais Presence, l'album le plus risqué et le plus zeppelinien à la fois du groupe, un album où on entend + Led Zep (le groupe, comment il fonctionne) que ses (brillantes) chansons, c'est quand même quelque chose non??? (surtout que les chansons sont pas mal non plus même si pas de Stairway, ni de Levee, ni de Communication Breakdown). (vous avez pas Presence à la maison ou quoi?)

PS: content d'être déjà de retour :) (oui oui GT parti fatigué que GT)


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MessagePosté: Nov 26, 2006 2:38 
Nobody's fault but mine
Nobody's fault but mine
Try to save my soul to light
It's nobody's fault but mine


:danse: :piano: :danse:


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MessagePosté: Nov 26, 2006 2:43 
écrivain
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Plaisir de te relire et de te revoir par ici Pierrou!
Oui, ce topic a tendance à subir des coups de freins, manque de participations.
Enfin, Presence reste un excellent album, c'est clair, et je vois les choses comme toi. C'est un disque que j'ai redécouvert quand je connaissais tout le reste par coeur (hormis ITTOD). C'est peut-être le disque que j'écouterais instinctivement si je voulais me faire un petit Led Zep en passant. Parce que j'ai encore des choses à apprécier sur cet album, comme ce Royal Orleans dont je serais incapable de rejouer la mélodie de tête, pas que ce soit foncièrement mauvais, peut-être anodin, mais juste que ça ne m'a pas encore suffisamment marqué. Pas comme Nobody's Fault But Mine qui reste un des grands titres de Led Zeppelin, un sommet de rock brut et décapant, où tout le métier du groupe éclate dans un immense bonheur...


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MessagePosté: Nov 27, 2006 13:35 
Groupie hystérixx
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j'aime beaucoup NBFBM,et je trouve que la version de LZ est la meilleur ! :P


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MessagePosté: Nov 29, 2006 17:31 
Xoeht
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Le yed a écrit:
un sommet de rock brut et décapant, où tout le métier du groupe éclate dans un immense bonheur...

Voilà. :bravo:
Pour moi le meilleur morceau de l'album. Je l'adore pour ses qualités d'ensemble (les associations complexité/efficacité, brutalité/fambloyance et lourdeur/fraîcheur) mais aussi pour des détails comme le son énorme de JPJ, le groove de Bonzo, et les superbes solos, d'harmonica :love: puis de guitare.

PS: Ce serait bien que ce topic soit un peu plus actif, il me semble que les morceau qui suivent le mérite.


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MessagePosté: Déc 20, 2006 14:03 
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Inscription: Aoû 20, 2006 23:41
Messages: 85
moi pour jai suivis mais jai jamais trop repondu iiiiiiiiisssss
mais jcrois que le précedent était plus polémique, je sais pas si vous etes de mon avis...ceci dit c'est toujours interressant moi jattend Poor Tom.lol

_________________
°°°SPOONFUL°°°


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MessagePosté: Mar 01, 2008 5:18 

Inscription: Mar 15, 2007 18:48
Messages: 128
Ce soir, j ai fait la fête avec des potes. Et on voulait mettre du led zep. Alors soudain on a pensé nobody's fault but mine et quelle moment d'extase on a vécu. Les solos d'harmonica et de guiare sont tellement jouissif. Page metrise trop la pentatonique de ré # tout en étant en mi. Quelle folie.

_________________
www.dirtysoundmagnet.ch


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MessagePosté: Mar 16, 2008 8:54 

Inscription: Mar 15, 2008 19:50
Messages: 56
Le yed a écrit:
Plaisir de te relire et de te revoir par ici Pierrou!
Oui, ce topic a tendance à subir des coups de freins, manque de participations.
Enfin, Presence reste un excellent album, c'est clair, et je vois les choses comme toi. C'est un disque que j'ai redécouvert quand je connaissais tout le reste par coeur (hormis ITTOD). C'est peut-être le disque que j'écouterais instinctivement si je voulais me faire un petit Led Zep en passant. Parce que j'ai encore des choses à apprécier sur cet album, comme ce Royal Orleans dont je serais incapable de rejouer la mélodie de tête, pas que ce soit foncièrement mauvais, peut-être anodin, mais juste que ça ne m'a pas encore suffisamment marqué. Pas comme Nobody's Fault But Mine qui reste un des grands titres de Led Zeppelin, un sommet de rock brut et décapant, où tout le métier du groupe éclate dans un immense bonheur...


je suis d'accord. c'est un morceau risqué, innovant, le son est très efficace et moins lourdeau qu'avant. la pression est au maximum. et ça explose, plusieurs fois. encore du blues puissance 100, en plus ya de la recherche musicale. Ce morceau électrique en fait un des meilleurs du groupe. et le solo harmonica est mortel


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MessagePosté: Juil 21, 2008 20:39 
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Inscription: Juin 14, 2008 15:41
Messages: 855
Localisation: Lorraine
Difficile de ne pas penser à l'accident de Plant avec les vers suivants:
"How to roll, but not collide. It's nobody's fault but mine"

En live j'adore quand Bobby gueule "Oh Jimmy!! Oooooooooh Jimmmmy!" juste avant que Page balance son solo!!! :D :D :D Trop bon!!!

_________________
Oh, the sweet refrain, soothes the soul and calms the pain. Oh, Led Zeppelin remains, sleeping now to rise again.


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