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 Sujet du message: Royal Orleans [Presence]
MessagePosté: Nov 22, 2006 7:58 
Groupie hystérixx
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Dom's::
3 – Royal Orleans :


On ne peut pas toujours être sérieux dans la vie et c’est vrai qu’après les deux monuments d’austérité précédents, on a besoin d’un peu de fraîcheur. En plus, c’est efficace un changement de climat, ça donne un sacré rythme si c’est bien fait, ça, les membres de Led Zeppelin l’ont compris depuis longtemps, ils ont su faire de l’alternance entre les atmosphères l’une de leurs spécialités. Ce petit morceau est donc le bienvenu pour s’amuser et se dégourdir les jambes. Très amusante aussi son origine, les paroles moqueuses de Robert Plant évoqueraient les aventures en after hours de Jonesy avec une drag queen à l’hotel du même nom, le Royal Orleans Hotel.
Voilà pour le people…

A première écoute, on sent d’entrée que Led Zeppelin veut dribler ce nouveau ballon avec des pieds rock mais des semelles funk, comme déjà fait sur « The Crunge » ou « Trampled under foot », mais en plus radical cette fois-ci. Là c’est plutôt aux Meters que l’on pense, vous savez ces espèces de morceaux courts, hyper nerveux et limite teigneux, de vrais concentrés de funk mais dont le speed et les mensurations sont assez rock et peuvent plaire aussi à des gens comme par exemple les Stones qui en ont déjà repris et en sont généralement très friands. J’ai déjà pu écouter des morceaux live des Meters, certains de 1975, hé bien je vous prie de croire que c’est de la vraie fournaise ce qu’ils faisaient sur scène ! Et cerise sur le gâteau, même si le Zep a toujours été avare de 45 tours, « Royal Orleans » eut le privilège d’être en b-side du single « Candy Store Rock », une sorte de consécration pour lui…

La recette est assez simple. Jimmy récupère l’un de ces petits riffs/tacle dont les cartons de sa cave sont remplis, il ne vide pas tous les ingrédients de la boîte mais n’en extirpe que les nerfs-de-riff qui se raniment bien vite sous ses yeux. Jonesy et Bonzo contemplent d’un regard entendu et bienveillant le petit monstre qui vient à la vie et lui inoculent leur part de fluides secrets, ceux du fameux pacte flashy/heavy auxquels ils rajoutent pour l’occasion quelques gouttes de vieux sirop néo-louisianais très fort en extraits de fleurs de bayou venimeuses à souhait. Robert Plant les a vite rejoints pour le chant baptismal au nouveau né en grandes envolées haut perchées et exemptes de toutes trace des souffrances passées. Hé hop, gaillard comme tout, le petit bonhomme commence déjà à gambader un peu partout sur un dance-floor de fortune, il n’est certes pas mal né mais c’est un peu un vilain petit canard par rapport à la classe de ses illustres devanciers funky. C’est pas qu’il fasse vraiment brouillon, non, il est quand même né en « studio », mais il a un petit côté direct presque vite fait, mal peigné, genre Gavroche court sur pattes, mais par contre il te vous a déjà une sacrée voix, ah ça oui !…

En fait, et pour redescendre un peu du livre d’images, le riff d’entrée est très incisif et plutôt primal mais fleurant l’assez puissant car tout le monde semble s’agglutiner sur tout le monde, donc ça fait bloc, la coalition des 4, il y a même une grosse raisonnance assez grave et pas très nette dans les profondeurs de derrière qui accentue le tout et fait contraste avec le tranchant du riff, et puis revoilà ces syncopes typiquement Zep qui donnent toujours plus de matière à leur rock en faisant certes blasphème de vouloir fauter black, mais ce n’est pas pécher, allons allons, par contre ça ça marche, à quelque niveau que ce soit ça a toujours fonctionné chez eux, et ça marchera toujours car ça va bien au-delà du rock et du funk, vous savez, la fameuse alternance son/silence en micro-coupures limite épileptiques et démultipliées, hé bien c’est le turbo du rythme ça, ni plus ni moins. Alors si en plus vous y rajoutez un Plant particulièrement en forme et content sur ce morceau, efficace, plus chanteur pour les gens qui dansent que pour lui-même et surtout décalé par rapport à la voix d’un chanteur funk habituel, et enfin, si en plein milieu vous greffez le cadeau du « Jimmy des 14 heures », une espèce de petit solo au vitriol, vrillé à souhait et comme sonnant « sous la cendre » genre braises insidieuses et acides, vous obtenez 2mn59 d’une efficacité redoutable, faisant malgré tout de ce morceau « moins bien né » que les autres on l’a dit, une excellente gourmandise permettant à des chairs inquiètes, les nôtres, d’être plus animales et à nos quelques neurones encore valides en stock, qui n’ont d’ailleurs pas fini d’en voir des vertes et des pas mures sur Presence et même après, d’apprécier quelques instants d’une RTT bien méritée…



Pierrou
Royal Orleans

Aaah, Royal Orleans, un des meilleurs titres de Led Zeppelin... Un de leurs meilleurs titres de chansons, s'entend, dans la catégorie de ceux qui vous font voyager loin. Cela dit, si on m'avait demandé mon avis à l'époque, je l'aurais bien vu s'appeler Funk, ce morceau, de la même façon que Rock'n'Roll s'appelle Rock'n'Roll. Sur le rocker classique de Led Zep IV, le bon rock d'autrefois, attrapé, mâché et craché par la bête Zeppelin, était transformé en un torrent métallique puissant et corrosif (surtout en concert). Ici, le funk des familles semble avoir été compulsivement démantibulé par une bande d'adeptes du cut-up, qui l'ont entrelardé de scories rythmiques diverses et de riffs acides, nerveux, fiévreux comme on n'en trouve nulle part ailleurs que sur Presence. Comme sur The Crunge, auquel on pense forcément, c'est la Strat de Jimmy Page qui fait la loi, mais le son frais, claquant, aguicheur de la grande époque s'est sali en chemin, chargé de mauvaises vibrations, jusqu'à devenir aussi subtilement dérangeant qu'un caillou dans un mocassin, flinguant dès la première seconde cette charmante badinerie. De toutes façons, Royal Orleans a beau être léger (peut-être même un peu léger, pour un morceau de Led Zeppelin), l'heure n'est plus à l'innocence. Il s'agit donc d'un énième récit de troisième mi-temps, une vague histoire de travelo qu'on a pu lire depuis dans tous les bouquins sur Led Zeppelin, et dont, logiquement, on ne devrait rien avoir à foutre - quoi de plus déséspérément sordide qu'une histoire de beuverie qu'on n'a pas soi-même écrite? Ce qui est intéressant, quand même, c'est de remarquer que le funk éparpillé de Royal Orleans ne procure, lui non plus, aucune ivresse. Trop coupé, trop d'impuretés, les petits gimmicks assassins piqués chez les maîtres du genre dérivent à la surface de ce morceau pas vraiment immédiat qui parle finalement beaucoup moins au ventre qu'à la caboche. John Bonham, qui était en feu sur les deux premiers titres de l'album, et qui n'a de leçons de grooves funky à recevoir de personne, tambourine ici en sous-régime. John Paul Jones cimente impeccablement la section rythmique, mais on est loin de la rondeur et de l'élasticité des parties de basse de Led Zeppelin II, où sa fascination pour la musique noire éclatait au grand jour. Cette fois, le timbre est froid, sobre, sérieux, à l'opposé, encore une fois, de l'insouciance qu'on entendait sur The Crunge. Quant à Page, sa passion pour les riffs tourne carrément ici à la perversion. Jusqu'à cet album, les riffs de guitare étaient souvent des invitations au voyage, de somptueuses portes d'entrée sur toutes sortes d'univers bigarrés et foisonnants - ce qui distinguait d'ailleurs Led Zeppelin du commun des groupes de hard rock. Ni beau ni moche, pas vraiment brillant, pas spécialement puissant, celui qui ouvre Royal Orleans n'est pas là pour nous hypnotiser ou pour nous faire plaisir, il est simplement là, c'est une espèce d'excroissance baroque qui fait vaciller la chanson, et finit contre toute attente par s'insinuer en nous comme une aiguille dans une poupée vaudoue. Notre Robert, lui, semble envers et contre tous se délecter de l'aventure scabreuse qu'il est en train de nous raconter. Moins grave, plus graveleux que ses petits camarades, il adopte un ton gouailleur qui lui sied plutôt bien et apporte un peu de chaleur humaine à ce morceau curieusement distancié. Les réjouissances auront duré à peine trois minutes, pendant lesquelles on n'aura pas tout à fait réussi à prendre son pied, mais ce n'était peut-être pas le but de ce morceau qui reste, par sa conception étonnante et l'astringence de ses sonorités, une pièce primordiale du puzzle Presence.


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MessagePosté: Oct 01, 2008 20:59 
Coverdaliseur
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Énorme de chez énorme ce morceau, un de mes préférés du moment.

Bravo à Dom's et Pierrou qui visent tout à fait juste avec leurs chroniques. :P

Quel grand moment de funk malsain 8)

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MessagePosté: Oct 01, 2008 21:07 
Video master

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C'est vrai que c'est bon, en voilà un qu'ils devraient faire sur scène aussi (je sais pas qui d'ailleurs).


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MessagePosté: Oct 01, 2008 22:48 
Boulizique
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JC a écrit:
Énorme de chez énorme ce morceau, un de mes préférés du moment.

Bravo à Dom's et Pierrou qui visent tout à fait juste avec leurs chroniques. :P

Quel grand moment de funk malsain 8)


encore merci JC
oui, de la braise dirty funk ce morceau
comme le dit LP, un bon morceau pour le live ça
;)

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MessagePosté: Oct 01, 2008 23:04 
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Inscription: Juil 05, 2008 22:26
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D'accord sur tout. En plus, j'adore le (très bref) solo de Royal Orleans.

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MessagePosté: Oct 01, 2008 23:06 
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Bouarf, je ne suis pas trop de l'avis dithyrambique des posts ci-dessus.
Je veux dire, Plant déjà est en deçà, il essaie de surnager là où il peut métamorphoser un WLL ou IS, puis après le riff n'est pas mauvais en soi mais bon je sens pas la spontanéité au niveau du funk, comme je ne la ressens pas au niveau du reggae de Dy'er Mak'er. The Crunge dans le style funk est nettement mieux accomplie. Bon après j'ai un préjugé sur la période que je nommerai "riffathon" où les riffs sont quand même généralement poussifs. Cela dit, à côté d'ALS, elle reste une des meilleures chansons de Presence.
Le manque de funkiness est peut-être aussi dû à JPJ, qui n'est pas mis en avant sur l'ensemble de l'album, et qui suit simplement Page sur RO là où la basse fait normalement le "lead" en funk (et il le prouve de belle manière sur The Crunge).


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MessagePosté: Oct 02, 2008 14:14 
Boulizique
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Inscription: Aoû 14, 2006 20:39
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jefferson a écrit:
D'accord sur tout. En plus, j'adore le (très bref) solo de Royal Orleans.


pareil, un bon ptit solo flashy sous la cendre ...
;)

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